« CHOCOSCAPE » Microclimax


Samples métapolitains génériques d’urbanisation dominante, lecture de la “ville étalée”.


Chocoscape propose, par le chocolat, une approche de notre environnement familier et de ses processus de constitution/développement.

Il présente 4 échantillons de territoire (au 1/2500eme, soit une surface d’environ 44000m²) sélectionnés dans le bassin de Thau. Chaque échantillon contient un archétype urbain du territoire quotidien de l’étalement urbain, dont les formes spatiales et fonctionnelles sont représentatives des principales affectations des sols : commerce, habitation, transport, zone de production.

Ce sont des entités métastasiques, monuments de l’échelle métropolitaine, à partir desquelles se répand, en Languedoc-Roussillon comme ailleurs, une urbanisation décousue et largement dépourvue d’urbanité.
Ici, la “ville” peut se lire, non plus dans sa continuité ou ses polycentralitées, mais dans le système rhysomatique qui s’établit entre ses différentes composantes, portions monofonctionnelles de territoire issues d’opérations unitaires (lotissements, zones commerciales…). Dans ces zones caractéristiques d’une fabrication urbaine dictée par les processus économiques et politiques et les stricts enjeux spéculatifs, l’usager n’est que consommateur.
La privatisation de l’espace s’y pratique alors à grande échelle, réduisant ainsi massivement la place pour l’espace public et social.
Le territoire quotidien résultant participe ainsi profondément aux modes vie individualistes de la surconsommation (de biens, de services, d’espace, de paysage…).

Les 4 samples métapolitains génériques d’urbanisation dominante sélectionnés sont :

un lotissement, et sa ribambelle de maisons individuelles ocres et roses avec toiture tuile (et si possible piscine), veritable « arrangement » entre les collectivités locales et les promoteurs-lotisseurs privés, et modèle dominant du marché de la réussite sociale de la classe moyenne;

un supermarché, symbole de l’hyperconsommation de masse, lieu d’approvisionnement des habitants des lotissements et paradoxalement souvent dernier lieu de “l’être-ensemble”;

un échangeur routier, nœud du réseau, héritage de 50 ans de lobbying pétrolier, chemin quotidien du travail à chez soi et de chez soi au supermarché;

et enfin, en “contrepoint”, une zone d’exploitation conchylicole formant un système multifonctionnel plus vernaculaire, basé sur des micro-économies et les ressources du territoire.

Face au mitage visible du territoire naturel, aux problématiques environnementales, écologiques et sociales générées, et à leurs conséquences financières, l’urbanisation étalée, est aujourd’hui controversée.
Et pourtant, malgré nous, supermarchés, lotissements, échangeurs routiers,… sont peut-être les monuments archétypaux de notre patrimoine contemporain quotidien (?).

Comment intervenir sur ces territoires ? Introduire du collectif dans le lotissement, du public dans le commercial, de l’urbanité dans le réseau des non lieux? Certainement pas en “tabula rasa”, mais peut-etre plutôt en questionnant la réappropriation, la densification, la multifonctionnalité, la greffe… la construction de la ville sur la ville? Et probablement en remettant en cause les mécanismes profonds de leur développement…

Pour l’heure, en échos à cette consommation du territoire et à l’envie comme moteur, Chocoscape offre simplement des paysages à croquer, à grignoter, à laisser fondre sur la langue ou à collectionner, matérialise le fantasme jouissif de leur engloutissement et ouvre peut-être le champ libre de leur réinvention.


4 échantillons ronds de territoires de 237m de diamètre (soit environ 44000m²), modélisés, stéréo- lithographiés UHD à l’échelle 1/2500, contre moulés en RTV alimentaire et tirés en 3 chocolats de 1ère qualité (noir extra bitter Guayaquil 64% de cacao, lacté 35,3% de cacao et 21,2% de lait et blanc lacté).

Merci au boulanger-pâtissier Michel Cosentino, 23, rue Pierre Sémard, 34200 Sète, pour ses précieux conseils.

Dimensions de chaque échantillon: 9,5 cm de diamètre, de 3 à 8,3cm de hauteur, environ 55gr de chocolat (variable suivant modèle)
Chaque échantillon est présenté dans une boite de Pétri avec sa “fiche technique”, numéroté de 01 à 50 par l’artiste et emballé dans un sachet confiserie.
Les 4 échantillons forment un set complet “CHOCOSCAPE” vendu à 40€
Chaque échantillon peut-être vendu séparément à 12€

Un set “spécial” de 4 échantillons numéroté “00″, sera tiré par l’artiste, à la demande et vendu 999,99€